Depuis deux ans, l’Umih Nouvelle-Aquitaine travaille sur le programme “hôtel du futur”, confié par l’Umih nationale pour l’ensemble du territoire et soutenu par l'Ademe. “Les hôtels sont sous pression par rapport aux sujets de la transition écologique, de la décarbonation, compliqués et nécessitant des investissements. Nous avons donc décidé d’accompagner 22 établissements en France”, a résumé Renaud Damesin, directeur général adjoint de l’Umih. Une restitution de ce programme, achevé en octobre 2025, a été présentée sur le salon Exp’hôtel qui s’est déroulé à Bordeaux du 23 au 25 novembre. Les hôtels sélectionnés ont pu bénéficier d’une première phase d’audit par le bureau d’études Nobatek, puis choisir une ou deux études – les plus plébiscitées étant l’énergie, l’eau et le bilan carbone. Le bureau d’études préconisait ensuite des travaux chiffrés sur les gains énergétiques possibles. À Beaune (Côte-d'Or) par exemple, l’hôtel Campanile a rénové la toiture du restaurant, les huisseries et a investi dans un dispositif de Gestion technique du bâtiment connectée au système de réservation afin de piloter plus finement les équipements.
Des scénarios concrets et chiffrés
Concernant la gestion de l’eau, Nobatek conseillait différentes actions : équipement hydro-économe, sous-compteurs pour détecter les fuites (très fréquentes), et valorisation des eaux non conventionnelles. À titre d’exemple, pour un hôtel deux étoiles de 27 chambres, le programme d’investissement s’élevait à 91 000 € HT – avec mise en place de compteurs, valorisation des eaux grises de la blanchisserie pour alimenter les toilettes, et des eaux pluviales pour le nettoyage des surfaces, l’alimentation des lave-linges et des toilettes. Résultat : une facture d’eau réduite de moitié, pour un temps de retour sur investissement de 16 ans. Quant au focus sur le bilan carbone, l’objectif était de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité de l’hôtel. “Cela a été un choc ! 95 % des émissions de l’hôtel sont dues aux transports, car beaucoup de nos clients sont étrangers”, a indiqué Fabrice Lipinski, directeur du Collège Hôtel à Lyon (Rhône). “Nous développons une commercialisation différente pour inciter nos clients à rester plus longtemps. Par ailleurs, nous appliquons une remise de 10 % si les clients viennent en train, et avons installé des bornes électriques”, a-t-il détaillé.
Une autre conférence portait sur les aides disponibles pour financer ces travaux et études : aides aux diagnostics par la BPI et l’Ademe, Fonds Chaleur, certificats d’économie d’énergie (CEE), aides des agences de l’eau... Les aides publiques sont répertoriées sur le site gouvernemental Transition écologique des entreprises.
Publié par Laetitia BONNET-MUNDSCHAU
Dialoguez avec nos experts !
(Service réservé à nos abonnés : 3,90€/mois)
Vous souhaitez poser une question
ou ajouter un commentaire ?
Un seul clic pour accéder à la suite :