Les hôteliers, bons élèves de l'affichage environnemental

Paris

Publié le 16 mars 2018 à 18:34
Le coup d'envoi du pré-déploiement de l'affichage environnemental a été donné l'an dernier dans le cadre du salon Mondial du tourisme. Jeudi 15 mars, les acteurs de la démarche, soutenue notamment par l'Umih et le GNI, se sont à nouveau retrouvés Porte de Versailles à Paris pour effectuer un premier bilan. Trois secteurs professionnels participent : l'habillement, l'ameublement et l'hôtellerie. Et c'est l'hôtellerie qui est le plus avancé. 60 hôtels, de typologies très différentes, se sont engagés dans le process et une trentaine d'autres se sont inscrits. 68% des hôtels engagés sont des 3 et 4 étoiles, avec une répartition relativement équilibrées entre indépendants (56%) et groupes (44%). 3 régions se démarquent note le cabinet Betterfly Tourism, coordonnateur du projet : les Pays de Loire, l'Ile de France et le Grand Est. L'affichage environnemental d'un hôtel porte sur les impacts d'une nuit à l'hôtel (petit déjeuner inclus) et recouvre 4 indicateurs : l'impact sur le climat, la consommation d'eau (en cycle de vie), la consommation de ressources non renouvelables et la part des produits biologiques et écolabélisés dans les approvisionnements de l'établissement. « Avec un impact moyen de 10,5 kg d'émission de CO2 par nuitée, 42 hôtels ont aujourd'hui effectué leur premier audit. 9% ont obtenu un E, 16% un D, 35% un C, 28% un B et 12% un A (la meilleure note). Le souhait de chaque établissement est de faire évoluer leur note dans les 2 ans à venir » indique Betterfly Tourism qui rappelle le double intérêt de la démarche : informer le consommateur sur la politique de l'hôtel en matière de développement durable et la mise en place d'un plan d'actions pratiques permettant à l'hôtelier de mesurer et d'optimiser sa performance environnementale et économique. « En Corse, des hôtels qui ont communiqué sur l'affichage environnemental sur Tripadvisor ont bénéficié d'une hausse de trafic sur le site de 300 % » constate Betterfly Tourism qui livre plusieurs autres chiffres : la mise en place du dispositif demande en moyenne un jour de travail pour les hôtels, le coût est évalué entre 200 et 500 euros/par hôtel. Il permet une amélioration allant jusqu'à 30% de l'impact environnemental avec un gain économique autour de 0,50 centime par nuitée en moyenne. « Cet affichage est une première étape, crédible et lisible, mais nous devons faire encore davantage pour la cause du tourisme durable, estime  Karim Khan, président de la Commission Développement Durable de l'Umih. C'est notre rôle de pousser les hôteliers mais aussi les restaurants à avancer dans cette voie ». Pour Didier Chenet, président du GNI, ce dispositif « s'inscrit dans la continuité. Le GNI a beaucoup oeuvré avec Bercy à la dématérialisation des documents et nous accompagnons depuis plusieurs années le projet de tri sélectif des déchets porté par un restaurateur, Stéphan Martinez, qui se développe sur Paris. Je pense que nous devons aussi, nous, organisations professionnelles, désormais montrer l'exemple en travaillant, pourquoi pas, à la réduction d'impact de nos locaux ?»


Publié par Sylvie SOUBES



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