“En mars, on a constaté que les questions que nous posaient les clients par téléphone n’étaient plus les mêmes. Ils nous interrogeaient sur notre positionnement exact, sur des alternatives à l’autoroute, sur l’existence de gares proches avec des navettes jusqu’au camping. Beaucoup moins de question sur les activités, le club enfant…” constate Clément Ferandez, gérant du camping Les Plans à Mialet (Gard). Depuis la flambée du prix des carburants suite au blocage du détroit d’Ormuz, un aller-retour depuis Lille peut générer un surcoût de plus d’une centaine d’euro. “Ce n’est pas rien. Alors on a décidé d’offrir à nos clients une carte carburant de 25 € par semaine de séjour, jusqu’à 75 €. L’idée était de leur offrir un coup de pouce ponctuel, sans en faire trop non plus. Ce coup de com nous a coûté 3 000 €”, ajoute l’hôtelier de plein air qui imagine avoir pu créer quelques vocations. En effet, l’initiative est reprise par des hôteliers et des restaurateurs dans toute la France. À trois kilomètres de Marlhes (Loire), la Taverne du Rosey, très isolée dans le parc national du Pilat, n’a pas attendu la baisse de fréquentation. “Il s’agissait pour nous de donner envie à nos clients de prendre leur voiture. On voulait aussi montrer que l’on comprend les difficultés liées au prix du carburant. On offre une remise en fonction du déplacement jusqu’à 30 km. Les clients sont touchés et reviennent, comme certains visiteurs venus d’Andrézieux, à plus de 30 km de notre taverne”, s’enchante Alexandre Richard.
Offrir un bon d’essence plutôt qu’un dessert
“On a vu un reportage sur des collègues qui offraient des bons d’essence alors que le mois d’avril s’annonçait mauvais dans notre région pourtant très touristique. Alors, j’ai décidé de passer un accord avec l’unique pompiste de notre commune qui pratique des tarifs raisonnables. Nos clients peuvent passer chez lui et recevoir 40 € de carburant que la station-essence nous facture ensuite. À peine l’offre annoncée sur les réseaux, nous avons enregistré dixréservations. Notre proposition n’est valable que pour les réservations par téléphone ou via notre site, et jusqu’à fin avril”, détaille Catherine Lehmann, la propriétaire, du Logis Le Mouton à Ribeauvillé (Haut-Rhin).
Olivier Blanc, vice-président des Logis, propriétaire du Logis Le Puit Doré à Richelieu (Indre-et-Loire) – “un territoire aux portes du Poitou où la voiture est indispensable” – songe à proposer d’étendre cette initiative au réseau lors du prochain Conseil d’administration. “Le conflit dans le Golfe persique va durer, estime-t-il. L’impact est contenu sur la clientèle d’affaires mais fort sur celle de loisirs dont on a besoin le week-end. Il est plus judicieux d’aider les clients à se déplacer que d’offrir un dessert ou une remise sur une chambre. Ils nous sont reconnaissants de comprendre les efforts qu’ils font pour venir nous visiter.”
Publié par Francois PONT
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