Calomnie : et si ça tombait sur vous ?

Biarritz (64) En 2023, Aurélien Largeau a connu un véritable cauchemar. Accusé par une journaliste – aujourd’hui condamnée par la justice pour diffamation – d’avoir participé à un bizutage d’une violence inouïe, le chef étoilé a tout perdu du jour au lendemain. Pour L’Hôtellerie Restauration, il a accepté de témoigner. Des communicants de crise et des avocats spécialisés expliquent également comment surmonter ce type d’épreuves devenues fréquentes dans le secteur.

Publié le 12 janvier 2026 à 16:37

L’histoire est si douloureuse qu’Aurélien Largeau n’a jamais voulu s’en ouvrir à la presse. L’affaire débute le 2 décembre 2023 à l’hôtel du Palais à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Dans les cuisines, un pot de départ est organisé pour Lucas, qui part rejoindre un palace parisien. Le chef de partie se prête bien volontiers à la cérémonie potache organisée par la brigade où règne une excellente ambiance. Il est attaché sur une chaise, la mâchoire immobilisée par un bâillon-boule sado-maso. Il s’amuse de la situation, une photo est prise. Trois semaines plus tard, un article paraît dans le journal Sud-Ouest. La journaliste évoque le bizutage d’un commis qui aurait mal tourné. La preuve serait une vidéo où l’apprenti apparaîtrait avec une pomme dans la bouche et une carotte dans les fesses. Cette dernière allégation va provoquer un déferlement médiatique suivi d’un lynchage sur les réseaux sociaux.

Sur la base de cet article de presse, le Parquet se saisit de l’affaire. Les faits rapportés, très graves, pourraient être constitutifs de viol. Une enquête préliminaire est rapidement classée sans suite. Quant à Lucas, qui n’est donc pas un apprenti fragile tel que décrit par la journaliste mais un chef de partie expérimenté, il va énergiquement démentir les accusations, en vain. Le palace veut protéger sa réputation, Aurélien Largeau est licencié. Sur BFM, l’une des avocates du cuisinier, maître Alexandra Sabbe-Ferri, qui défend son client dans le volet social à venir pour licenciement abusif, évoque dans les jours qui suivent la parution de l’article de Sud-Ouest, avoir comptabilisé plus de 65 articles dans des médias dont la BBC !

 

Une enquête bâclée

Tout le monde cherche la photo de la carotte dans les fesses. Personne n’en trouvera la trace, même la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, qui a condamné solidairement le journal Sud-Ouest et sa journaliste à indemniser Aurélien Largeau de 5 000 € pour “une enquête bâclée”. Les juges n’ont jamais été confrontés à la fameuse preuve vidéo, juste une photo sans pomme dans la bouche, ni carotte, ni contrainte. “À l’issue du jugement rendu en octobre dernier, le journal a décidé de ne pas faire appel”, précise maître Roxane Best, qui a défendu le cuisinier. L’avocate considère que la somme allouée en réparation n’est pas à la hauteur du préjudice subi. Pour autant, elle constitue un plafond dans ce type de procès en diffamation contre des médias. “En attaquant sur la base du dénigrement, les condamnations peuvent être plus lourdes”, envisage son confrère maître Jonathan Bellaiche, avocat spécialisé dans les CHR. “Nous avions envisagé d’assigner six autres médias qui avaient repris sans nuance les accusations, mais l’instruction des dossiers était lourde financièrement pour notre client qui avait perdu son emploi”, plaide maître Best qui n’a pu que constater les dégâts provoqués sur son client par les accusations mensongères : “Il a fait le choix de rester à Biarritz où tous les Biarrots connaissaient l’histoire. C’était courageux. Sans raison valable, on lui a refusé six crédits pour ouvrir sa propre affaire”, regrette l’avocate.


Photo

Publié par Francois PONT



Commentaires
Photo

En cliquant sur publier vous acceptez les [conditions générales d'utilisation]

Voir notre Politique des données personnelles

Dialoguez avec nos experts !

(Service réservé à nos abonnés : 3,90€/mois)

Vous souhaitez poser une question
ou ajouter un commentaire ?

Un seul clic pour accéder à la suite :




Vidéos-Podcasts


Newsletter

Ne Ratez plus l'actualité , abonnez-vous à la newsletter !


Dernières offres d'emploi

Second de cuisine (Sous-chef de cuisine) H/F

92 - LA GARENNE COLOMBES

Brasserie (92) recherche SECOND de CUISINE ou BON COMMIS de CUISINE et SERVEUR confirmé h/f. Contrats CDI ou CDD. Repos Dimanche + 1 jour. Se présenter: 1 rue Voltaire 92250 La Garenne Colombes ou tél. 06.16.14.79.70.

Posté le 09 février 2026

Chef Exécutif (Responsable des cuisines) H/F

97 - SAINT BARTHELEMY

Niché au cœur de la baie de St-Jean, sur l’île la plus exclusive des Caraïbes, Le Tropical Hôtel, St Barth recrute ses futurs talents. Ce boutique-hôtel, pas tout à fait comme les autres, est une invitation exquise à l’hédonisme entre une gastronomie joviale, un moment de détente raffinée et une amb

Posté le 09 février 2026

Chef Exécutif (Responsable des cuisines) H/F

97 - SAINT BARTHELEMY

Niché au cœur de la baie de St-Jean, sur l’île la plus exclusive des Caraïbes, Le Tropical Hôtel, St Barth recrute ses futurs talents. Ce boutique-hôtel, pas tout à fait comme les autres, est une invitation exquise à l’hédonisme entre une gastronomie joviale, un moment de détente raffinée et une amb

Posté le 09 février 2026