Des budgets à la baisse mais des attentes plus fortes : c’est le constat paradoxal que dresse Coach Omnium dans son étude annuelle sur l’évolution du marché du MICE en France, dévoilée le 23 mars, Réalisée en partenariat avec Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events auprès de 310 entreprises commanditaires d’événements, cette vaste enquête montre que celles-ci continuent à avoir recours aux lieux évènementiels pour réunir leurs équipes pour leurs journée d’étude, réunions, conventions et autres séminaires. Pourtant, les tensions s'accentuent sur ce marché : les contraintes budgétaires poussent les entreprises à privilégier les événements dans leurs locaux (80 % se réunissent en interne contre 57 % en 2024), la situation économique et géopolitique les incite à la prudence, les exigences environnementales contraignent les choix de lieux…
L’étude menée par Coach Omnium indique que les événements qui se sont déroulés en 2025 sont désormais courts, majoritairement d’une ou deux journées, se déroulent dans les lieux proches de l’entreprise ou privilégiant un accès en train, et ont pour objectif de réaffirmer la culture d’entreprise à travers des journées qui doivent marquer l’esprit des participants. Chaque élément du séjour est donc attentivement scruté : typologie du lieu réceptif, localisation, offre d’activités annexes… L’événement d’entreprise doit créer une expérience mémorable et à “ fort impact narratif”, explique Perrine Edelman, directrice associée de Coach Omnium, car les entreprises en attendent un retour sur investissement tangible. “L’idée est de graver positivement les esprits des collaborateurs, des clients, des partenaires… réunis. Les MICE sont avant tout de la communication”, insiste l’étude.
Hybridation de l’offre
Conséquence : celles-ci choisissent des lieux de plus en plus diversifiés voire originaux, leur permettant de “changer de cadre”. Si les hôtels restent majoritaires, à 66 % en 2025, ils perdent du terrain puisqu’ils représentaient 70 % des lieux choisis en 2024 et même 80 % en 2011. Face à eux, l’offre s’est diversifiée et professionnalisée, avec notamment les châteaux et demeures de caractère, les restaurants et bars, les lieux culturels, les équipements de loisirs ou sportifs, d’anciens hangars ou ateliers reconvertis ou encore les bateaux et yachts. Les expériences annexes sont aussi particulièrement appréciées (86 % des événements en intègrent), notamment quand elles sont ludiques ou culturelles.
Pour faire leur choix, les entreprises prennent d’abord en compte la localisation, puis le tarif proposé, la capacité des espaces et l’originalité du lieu. De plus, l’enjeu environnemental est beaucoup plus étudié (à 72% contre 25 % en 2024), appuyé par un bilan carbone pour 38 % des événements (35 % en 2024). Le budget moyen d’une journée d’étude est compris entre 61 € à 130 € pour 43 % des entreprises, et dépasse 200 € par jour pour 50 % d’entre elles quand un hébergement est inclus.
Une tendance qui devrait se poursuivre en 2026, puisque les entreprises interrogées anticipent une année stable en la matière (à 47 %). Le marché pourrait toutefois encore être bousculé par de nouveaux acteurs, avec la présence croissance d’intermédiaires spécialisés (‘venue finders’ et plateformes de réservation) et le recours à l’intelligence artificielle, de plus en plus utilisée pour l’organisation de voyages.
Publié par Roselyne DOUILLET
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