La reconnaissance par le salaire
Depuis que le travail est travail, la reconnaissance se mesure en niveau de rémunération. Qu’on se le dise, c’est toujours vrai aujourd’hui. Ainsi, le salaire reste – et de loin – le principal critère pris en compte par les salariés lorsqu’ils sélectionnent leur emploi. Et la politique salariale revient en boucle lorsqu’on demande aux sondés les éléments qui pourraient les fidéliser, leur donner envie de rester dans leur établissement.
À commencer, et c’est triste de devoir le dire, par le respect de la loi. Certains ne demandent pas autre chose : “Il faut respecter le code du travail, payer les heures supplémentaires ou, au moins, les faire rattraper”, relève-t-on dans l’enquête. Idem pour les horaires de nuit, qui doivent être payés comme tels. “Il faut payer à l’heure !, s’emporte cette serveuse. Le nombre de patrons ne payant pas les heures effectives est encore trop grand. Être payé au forfait reste trop courant en restauration…”
Il faut “un meilleur salaire”, résume Valentina, qui travaille dans l’hôtellerie. Un “salaire qui soit à la hauteur de l’expérience dans le métier”, renchérit ce salarié en salle… Ou peut-être centré sur le mérite, comme le relève cette travailleuse en salle qui propose de “récompenser les gens qui s’investissent, pas par des primes, mais avec une réelle augmentation.” Et pourquoi pas proposer “une participation ou un intéressement aux bénéfices”, souffle encore ce salarié de l’hôtellerie. La question pécuniaire se révèle multiforme chez les salariés.
La reconnaissance par le respect et l’écoute
Cette dernière suggestion, au-delà de la seule question financière, dénote d’une volonté grandissante des salariés d’être pris en compte autrement dans le fonctionnement de l’entreprise. Une autre forme de reconnaissance qui relève des simples relations humaines, entre “patron” et “salariés”, ou comme on le dit aujourd’hui entre “manager” et “collaborateur”.
“Arrêtez de considérer vos employés comme des machines ! Nous sommes, comme vous, des êtres humains !”, clame cette salariée de l’hôtellerie. Ainsi Virginie, elle aussi dans l’hôtellerie, encourage les gérants à “réellement se soucier de leurs employés et à ne pas les percevoir comme des pions remplaçables à la première difficulté”. “De l’empathie”, plaide simplement Christophe, qui travaille en salle. Il faut valoriser le côté humain et être à l’écoute du staff”, appuie Yannick, qui lui est en cuisine.
“Le salaire ne fait pas tout dans ce métier, il faut être à l’écoute des salariés et comprendre leurs attentes. Je connais les attentes de la direction mais le contraire n’est pas vrai”, remarque ce cuisinier.
La reconnaissance par la confiance et la sincérité
Mais comme le souligne Inès, salariée dans l’hôtellerie, “prendre soin de son équipe, c’est aussi lui demander son avis. Ensemble, on est plus fort !” Être considéré, suppose donc de partager des objectifs communs, ce qui conduit immanquablement à créer la bonne ambiance de travail attendue par les salariés. “Je me moque de devoir travailler 80 heures par semaine, mais je veux savoir : pourquoi ?”, illustre Paul, cuisinier. Ce qu’on attend, c’est donc aussi de la sincérité. “Jouer la transparence afin de présenter de manière claire la vision qui doit animer tous les collaborateurs”, encourage ce travailleur en salle. “Il faut mettre toutes les cartes sur la table. Partager son idée ou ses idées de croissance, ou d’amélioration...”, renchérit Xavier, qui lui travaille en salle.
Bref, comme le relève ce professionnel de la salle, l’embauche relève aujourd’hui plus qu’hier de “l’engagement réciproque”, pour un objectif commun. “Certes les employés sont là pour effectuer une tâche, mais je pense que l’employeur doit être en mesure d’accompagner ses collaborateurs dans les moments difficiles.” Ainsi, et c’est un changement de paradigme important par rapport au siècle précédent, les salariés attendent de leur patron qu’il “prouve sa légitimité auprès du staff, en déployant les moyens nécessaires à la bonne réalisation du travail”. Et ce, “sans tirer la couverture à soi, en privilégiant plutôt la mise en avant de ses équipes.”
La reconnaissance par l’évolution professionnelle
Enfin, et bien que la Génération Z soit réputée moins carriériste que les précédentes, l’évolution professionnelle reste une motivation ; elle aussi facilement assimilée à une forme de reconnaissance.
Là encore, l’honnêteté de l’employeur est plébiscitée. “Il faut être transparent sur la politique de plan de carrière. Beaucoup trop d’établissements se permettent de jouer la fausse ignorance lorsqu’on leur demande les possibilités d’évolution, de salaires de primes, etc.”, souligne cet employé d’hôtel. Un professionnel de la salle demande lui de coucher par écrit “les plans de formation et les bilans d’évolution et d’acquisition de compétences”.
Ces éléments permettent de “créer un cadre de travail positif et évolutif”, comme le souhaite Vanessa, elle aussi dans l’hôtellerie. Un cadre censé démontrer la confiance du manager envers ses employés. Et générer de la motivation, comme en témoigne ce cuisinier expérimenté : “Faire 60 heures par semaine dans une bonne équipe et une entreprise saine, ce sera toujours mieux que 39-42 heures dans un cadre anxiogène.”
Publié par Aletheia PRESS
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