Le Bus Palladium, club alternatif devenu hôtel 5 étoiles

Paris (Île-de-France) Après des travaux colossaux, l’iconique discothèque de Pigalle - fondée en 1966 et fermée depuis 2022 - abrite désormais 35 chambres et suites, un bar-restaurant, un rooftop et un club en sous-sol reconstruit quasiment à l’identique. Un vaste projet porté par Nicolas Saltiel, fondateur du groupe Chapitra Six, et le propriétaire du lieu, Christian Casmèze.

Publié le 13 avril 2026 à 17:54

Un club avec un restaurant et des chambres au-dessus : adresse mythique de la scène alternative parisienne pendant soixante ans, le Bus Palladium vient de rallumer son enseigne à néons rouges. L’ambitieux projet porté depuis six ans par le propriétaire du lieu, Christian Casmèze, et l’hôtelier Nicolas Saltiel (Chapitre Six), ouvre ses portes pour dévoiler un hôtel 5 étoiles de 30 chambres et cinq suites, un bar-restaurant, un rooftop et prochainement un club en sous-sol.  

Les deux associés ont été guidés par la volonté de faire revivre l’esprit rock et hétéroclite de cette discothèque ouverte par James Arch en 1966 dans le quartier de Pigalle, aux antipodes des clubs VIP de l’époque. Le Bus Palladium “était un lieu un peu loufoque, très humain, ouvert à tous les horizons, qui vivait à chaque instant”, raconte Nicolas Saltiel. Haut lieu de la nuit parisienne, s’y sont succédé des jeunes groupes underground, des artistes français et internationaux – Patti Smith, , Alain Bashung, Indochine, Étienne Daho, Mano Negra, Rita Mitsouko, les Strokes, Pete Doherty … mais aussi des clients célèbres, Serge Gainsbourg s’y rendait presque tous les soirs, ou encore Al Pacino, Robert De Niro, John McEnroe

Le positionnement haut de gamme pourrait sembler en contraction avec l’esprit originel du lieu ; l’hôtelier s’en défend pourtant : “Sur le papier, je peux comprendre que cela puisse effrayer, mais c’est finalement tout le contraire. Nous avons envie de retrouver cette même richesse : une variété d’âges, de visages, de milieux sociaux, un esprit libre et une vraie envie de faire la fête.”

 

 

Un concept global

Les travaux colossaux ont été à la mesure du projet. Le cabinet d’architecture Studio KO a dû faire creuser 14 mètres sous terre pour créer ce nouvel édifice de douze étages, dont quatre en sous-sol. Il a été doté d’une façade minimaliste inspirée du bâtiment d’origine, et les chambres et suites, toutes différentes, rappellent l’esprit musical et radical du lieu : plafond en béton brut, murs en liège, cassettes audio et livres chinés, interrupteurs évoquant les amplis vintage, poignées de porte en métal microperforé tel les grilles de micros…

Au-delà de l’offre d’hébergement, Nicolas Saltiel revendique un concept global : “Un hôtel, à mes yeux, c’est une narration. Une histoire qui éveille les sens, déploie une palette d’émotion, Et si elle est réussie, vous exalte.” De nombreux intervenants ont contribué à créer une expérience unique : Caroline de Maigret, à la curation, a travaillé sur l’identité sensorielle du lieu (playlists, signature olfactive, uniformes…), l’Agence Simone et Constance de Saint-Exupéry, à la direction artistique, ont imaginé l’identité de la marque, et Lionel Bensemoun, ex-patron du Palace et du Baron, prendra la direction du club reconstruit quasiment à l’identique, dont l’ouverture est prévue prochainement.

 

Musique à tous les étages

La musique règnera bien sûr dans chaque espace de l’établissement, y compris dans le restaurant – et son bar à vinyles - de 70 couverts, dirigé par Valentin Raffali. Le chef de 29 ans, ancien de l’Oustau de Baumanière, est connu pour sa cuisine inventive et sans complexe. Pour le Bus Palladium, il signe une carte volontairement resserrée, et ressent “le besoin d'une cuisine directe et de saison, créative et éclectique, qui se marie avec le lieu et son environnement”. Et d’expliquer : Je veux réussir à prouver que dans un hôtel, on peut utiliser des produits éthiques. Qu’il est possible de travailler avec une économie locale, sans intermédiaires. Nous allons tout préparer nous-mêmes, du petit-déjeuner au dîner.”

Dans ce quartier de Pigalle connu pour ses nombreux théâtres et sa vie nocturne, le Bus Palladium vivra 24 heures sur 24, 365 jours par an, porté par une vie artistique, une culture musicale flamboyante et une myriade d’événements”, assure Nicolas Saltiel, qui revendique : “En résumé, l’idée de cet hôtel est simple : lorsqu’on y entre, on n’a plus envie de partir.”

 


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Publié par Roselyne DOUILLET



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