“Aujourd’hui, tout mètre carré où l’on peut s’asseoir et rester connecté devient un espace où l’on peut travailler.” Dans ces propos, Florian Bitker, directeur général du groupe Drawing Hotels Collection, vise aussi bien un train qu’un avion, une gare, un aéroport, une salle d’attente, un bar… Et à l’hôtel ? Pour Mark Watkins, fondateur du cabinet Coach Omnium, le business corner, un peu caché, où l’on ne tient qu’à une personne, a vécu. Le télétravailleur ou le “digital nomad” de 2026 recherche autre chose. À savoir un espace à la fois confortable et connecté, feutré et animé, calme et ouvert sur la ville, aussi bien pourvu en boissons qu’en petite restauration. Mission impossible ? Voici 5 pistes pour réussir ce mélange des genres.
1. Choisir le bon endroit dans l’hôtel – Mark Watkins suggère le lobby, une salle de réunion, un rooftop ou toute autre “place perdue” pour positionner un espace de coworking. Il ajoute que si celui-ci donne sur la rue, telle une vitrine, “c’est mieux pour attirer une clientèle extérieure”. “Car le monde appelle le monde, en particulier dans un lobby : un lobby animé, c’est de l’image”, complète Florian Bitker. Par ailleurs, Mark Watkins préconise d’éviter un sous-sol et de privilégier la lumière naturelle. Enfin, côté superficie, “il faut compter un minimum de 50 à 80 m2 pour 10 à 15 postes de travail”, selon le fondateur de Coach Omnium.
2. Investir pour équiper et aménager l’espace – Pour Mark Watkins, l’équipement d’un espace de coworking doit comprendre avant tout “des tables, de la connectique et du wifi à très haut débit”. Une imprimante peut être une valeur ajoutée. Mais pas que… Nathalie Ménardais, directrice marketing de Sokoa, fabricant de mobilier de bureau, souligne aussi l’importance du confort des assises. Lors de la journée Le Contract dans tous ses états !, orchestrée par l’Ameublement français en décembre 2025 à Paris, elle a rappelé que les espaces de travail sont devenus des “lieux de vie” inspirés par “la modularité” d’un canapé ou d’un fauteuil. Conséquence : “Les lignes des assises ergonomiques s’adoucissent, pour convenir à des univers hybrides”, a-t-elle expliqué. Quant à Florian Bitker, il ajoute que “lors de la rénovation d’un hôtel, il ne faut pas hésiter à doubler, voire tripler, le nombre de prises électriques pour transformer un rez-de-chaussée en lieu de vie ouvert et connecté au quartier”. Enfin, si l’on part de zéro, l’investissement minimum pour équiper et aménager un espace de coworking est estimé à 500 € le mètre carré, par l’enseigne de coworking Deskopolitan.
3. Gérer le bruit environnant – Certes, le télétravailleur est habitué au port d’écouteurs ou d’un casque, surtout s’il participe à une visioconférence. Mais Nathalie Ménardais reconnaît que l’acoustique entre désormais dans l’univers du bureau. Pour répondre à cette isolation phonique, Mark Watkins suggère d’ériger des cloisons modulables ou encore de créer de petites cabines – ou phone boxes –, afin de téléphoner sans déranger les autres.
4. Proposer une offre F&B attractive – Pas d’espace de coworking sans un accès à un bar – avec café, thé, chocolat chaud, eau… à volonté, comme dans un salon Grand Voyageur de la SNCF –, une offre de snacking, voire un restaurant. Parce que le télétravailleur peut venir à toute heure. Ce qui incite, par exemple, les espaces Club des hôtels Okko à faire évoluer leur buffet au fil de la journée et de la soirée. Florian Bitker va plus loin : “L’ultra luxe aujourd’hui, c’est d’installer son bureau nomade dans un bar de palace, pour travailler. À Paris, certains de ces bars sont désormais occupés toute la journée. Ce qui crée un lien fort avec le lieu, ainsi qu’un sentiment d’appartenance à une communauté qui partage les valeurs de ce lieu.”
5. Positionner un prix juste – Côté tarif, mieux vaut jouer la flexibilité avec des contrats modulables à l’heure, à la demi-journée ou encore par abonnement. Mark Watkins parle de faire payer un temps de “stationnement” : “Il faut parvenir à trouver le bon équilibre entre la gratuité pour les clients hébergés et la monétisation pour les clients extérieurs”, dit-il encore. Derniers conseils : “Pour faire connaître son espace de coworking, l’hôtelier a intérêt à s’inscrire sur une plateforme qui vend ce type de prestation (SoRoom, B’Coworker, Workinspace...). Enfin, l’hôtelier doit penser à faire tester chacune de ces innovations – dont la création d’un espace de coworking – à ses clients fidèles, afin de recueillir leurs impressions et d’ajuster son offre si nécessaire.”
Publié par Anne EVEILLARD
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