C’est à Saint-Tropez que le groupe singapourien COMO Hotels & Resorts ouvrira son prochain hôtel en France, trois ans après Le Montrachet, en Bourgogne. Surplombant la baie, dans une pinède de quatre hectares, l’hôtel Le Beauvallon – jusque-là réservé aux événements privés – ouvrira le 24 avril prochain ses 42 suites, dont 25 avec vue sur la mer, à la clientèle haut de gamme du groupe singapourien.
Inauguré en 1914, le bâtiment emblématique – qui a notamment accueilli Winston Churchill et Audrey Hepburn - avait fait l’objet d’une complète rénovation entre 2008 et 2015. Il sera toutefois remis aux standards COMO, notamment pour les espaces bien-être, avec la création d’un spa COMO Shambhala, des salles de yoga, de pilates, de gym, ainsi que pour ses trois restaurants, dont un Beach Club et un Jardin d’hiver avec terrasse sur la baie, sous la direction du chef étoilé Yannick Alléno. Si l’hôtel abrite plus de 300 œuvres d’art, la décoration restera fidèle à la volonté du groupe de proposer “un luxe discret et élégant ”, explique le Français Olivier Jolivet, PDG du groupe : “Nos clients connaissent déjà l’univers des palaces, ils viennent chez COMO chercher quelque chose de différent, parce qu’ils se sentent chez nous un peu comme à la maison.”
D’ici l’ouverture complète en avril prochain (25 premières suites avait été commercialisés l’été dernier), le groupe souhaite recruter 140 salariés – une partie pouvant être logée dans un hôtel attentant – pour accueillir aux mieux ces clients de choix, le prix moyen de la nuitée est de 3 000 €, précise Olivier Jolivet.
Une logique patrimoniale
Les deux adresses françaises, ainsi que celles ouvertes ces dernières années en Toscane et dans les Dolomites (Italie), illustrent la volonté du groupe de se rapprocher de la clientèle américaine – qui “représente 35% des flux mondiaux de l'hôtellerie de luxe”, rappelle le dirigeant – et européenne. Les 18 hôtels, resorts et îles privées de COMO sont, en effet, localisés majoritairement en Asie du Sud-Est et en Océanie.
Toutefois, ces implantations prennent du temps car le groupe privilégie l’achat des hôtels murs et fonds. Le Beauvallon constitue l'une des rares exceptions du portefeuille, puisqu’il fait l’objet d’une joint-venture avec les propriétaires. “COMO est la seule marque hôtelière qui n'a jamais été vendue. Nous sommes sur une logique familiale et patrimoniale de création de valeur, car nous nous installons dans la durée”, explique Olivier Jolivet. Créé il y a trente-quatre ans par la Singapourienne Christina Ong, COMO Hotels & Resorts constitue l’un des pôles du groupe lifestyle COMO, qui comprend également la marque de mode haut de gamme Club 21, le concept bien-être COMO Shambhala et la fondation philanthropique COMO Foundation.
Olivier Jolivet revendique cette stratégie de croissance maîtrisée. “Le luxe, c’est le temps”, répète-t-il volontiers, comme pour résumer la philosophie d’une marque encore discrète en Europe mais déterminée à s’y installer durablement. Il cite notamment le sud de l’Italie, le sud-ouest de la France, la Grèce, le Portugal et les stations alpines. “Le marché haut de gamme en Europe laisse encore de la place à des acteurs internationaux”, estime-t-il. Paris demeure une option, mais uniquement en acquisition, condition indispensable pour respecter le modèle maison. Sans oublier, au-delà des frontières de l’Europe, le Japon, où le groupe ne possède pas encore d’adresse, et les États-Unis.
Publié par Roselyne DOUILLET
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vendredi 21 novembre 2025